| Je devais être marabout ! |
| Tu seras MARABOUT !... Voilà ce que me disait mon père,
quand il était question de mon avenir. Eleveur et berger, père de neuf
enfants, il ne pouvait s'imaginer de statut plus honorable ! J'ai grandi dans une famille peule originaire du Burkina Faso. Mes parents se sont installés en Côte d'Ivoire en 1957. Mon père avait l'ambition de faire de tous ses fils des marabouts. Il commença par envoyer mon grand frère dans une école coranique. Dès que mon aîné aurait fini, ce serait mon tour. J'avais entre huit et neuf ans, lorsqu'on se mit à construire, dans mon village, une école primaire. Avec elle, un instituteur fit son apparition... Cet instituteur s'intéressait au jeune garçon que j'étais, et m'encourageait à fréquenter son école. Il n'eut aucune peine à me convaincre. Mais comme il fallait s'y attendre, mon père s'opposait fermement à ce que j'aille à cette école. Avec l'aide de mon nouvel ami, l'instituteur, je tins bon. Voyant que j'étais sérieux et déterminé, mon père finit par donner son consentement, et je pus rentrer à cette école. Alors mon père se chargea lui-même de mon éducation religieuse, jusqu'au jour où je dus partir au collège. Cet établissement se trouvant en ville, je fus obligé de quitter le foyer familial. A partir de ce moment j'essayais de parfaire moi-même mon éducation religieuse par des lectures, et par des contacts avec mes amis musulmans. Ces derniers étaient nombreux dans la ville où j'habitais : Bouaké. A cette époque-là je devins très pratiquant, et cette piété me valut l'estime de mes parents, que je voyais régulièrement pendant les vacances scolaires. Je n'avais pas seulement des amis musulmans. Parmi mes camarades de classe, il y avait aussi des chrétiens. J'étais déjà au lycée lorsqu'un jeune homme me parla pour la première fois de Jésus-Christ. Inutile de dire que j'en fus irrité: dire que Jésus-Christ est le Fils de Dieu était pour moi un blasphème. Je considérais les chrétiens comme des gens égarés, voués à l'enfer. Je me savais perdu Un jour, - c'était au cours de mes études supérieures à l'Université de Ouagadougou au Burkina Faso en 1987- j'eus une nouvelle discussion au sujet de Jésus-Christ. Celui qui m'avait parlé de Jésus était un étudiant chrétien, et, bien sûr, la discussion porta sur la divinité de Jésus. Comment Jésus peut-il être "Fils de Dieu"? Le seul fait d'y penser était si blasphématoire qu'il était exclu que j'aille plus loin. Mon ami me disait d'aller voir un certain Monsieur qui avait été musulman comme moi et qui était devenu chrétien. "Il saura t'éclairer", dit-il. Il sera difficile de dire exactement pourquoi j'y allai. Pour me laisser convaincre ? Peut-être, mais notre discussion ne dura pas longtemps. Après un bref entretien, ce frère pria pour moi, et me remis des traités. Ces traités contenaient des témoignages. Ce qui me frappait, c'est l'assurance qu'avaient ces hommes et ces femmes qui témoignaient. Ils étaient sûrs d'avoir été sauvés par Jésus-Christ : cela m'intriguait. En tant que musulman, je croyais que mon salut dépendait de mes oeuvres, et aussi de la prédestination: il m'était absolument impossible de savoir ce que Dieu déciderait pour moi par rapport au paradis ; je ne pouvais avoir aucune assurance concernant l'éternité. Je commençai à me poser beaucoup de questions. Une voix me parlait Quelques jours seulement après la rencontre avec cet homme, il m'arriva une chose étrange. Je me réveillai, une nuit, sous le coup d'une angoisse affreuse. J'eus l'impression nette et très forte que j'étais perdu, et que j'irais en enfer si je mourrais. Cette impression dura quelques minutes, puis, elle fit place à une voix. Cette voix se faisait entendre à l'intérieur de moi, dans ma conscience et dans mon coeur, et elle disait : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Comme ces mots continuaient à résonner dans mon coeur, je me rendis compte que je les avais lu à l'époque où j'étais encore au lycée, et que c'était des paroles de Jésus-Christ, que mon ami chrétien m'avait fait lire. Pendant un long moment je résistai, je ne voulais pas devenir chrétien. Mais il y avait dans cette voix une telle autorité et une telle douceur, que je cédai. Deux jours après je repartis voir le Monsieur qui m'avait donné les traités et je lui expliquai ce qui c'était passé. Il m'expliqua que c'est Dieu qui me montrait ainsi la voie à suivre pour être sauvé et être au paradis avec Lui. Au moment même, je décidai de donner ma vie à Jésus-Christ et de Le suivre. Ce Monsieur me fit lire et commenta ce passage de la Bible qui dit: "Et voici ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est en Jésus... Je vous ai écrit afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu." Je savais maintenant que Jésus-Christ était le garant de mon salut, j'avais la certitude, moi aussi, d'avoir la vie éternelle. Si je venais à mourir, je ne serais pas perdu, mais je serais pour toujours avec mon Sauveur. Tu n'es plus mon fils ! Trois semaines après ce changement, je reçus une lettre de mon père. "J'ai appris que tu es devenu chrétien", écrivit-il (Un oncle, qui vivait dans la même ville que moi, l'avait mis au courant...!) "Si c'est vrai", continue-t-il encore, "tu ferais mieux de changer rapidement d'avis car d'aussi loin que remonte ma mémoire, je n'ai pas eu connaissance de l'existence d'un seul chrétien ni dans notre famille, ni parmi notre peuple !" Quelque temps après, lorsque je repartis à la maison mon père réunit toute la famille pour un conseil familial et me posa une série de questions sur ma nouvelle foi. - Pourquoi es-tu devenu chrétien ? - J'ai découvert que Jésus est la seule voie qui mène au paradis. -Je te donne le choix. Ou bien tu quittes cette religion, ou bien, tu n'es plus mon fils, et je ne veux pas alors que tu sois présent à mon enterrement le jour où je mourrai. Cette confrontation était très dure. Pour la première fois, je versai des larmes à cause de Jésus-Christ. Pendant ces instants, un passage de la Bible me vint à l'esprit. Ce fut la réponse que donnèrent les apôtres Pierre et jean aux chefs religieux qui leur interdisaient de parler et d'enseigner au nom de Jésus : "Jugez, s'il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Dieu..." ! Malgré la tension extrême de cette situation, je ressentis la paix de Dieu dans mon coeur. Alors je choisis de quitter la famille et de rester avec mon Sauveur : Jésus-Christ. Des chrétiens ont beaucoup prié pour moi, et m'ont soutenu. Aujourd'hui, j'ai à coeur d'annoncer l'évangile de Jésus-Christ aux musulmans. |
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